Monday, June 13, 2005

On Cervantes' "Don Quixote"

I once read somewhere that "Don Quixote" was the all-time most read fiction book, and anyone who has read the novel will not find that to be very surprizing. If you have read or are interested in reading this great classic, the following article from the New Yok Times of today will give you a taste of the context in which it was written:

Regarding Cervantes, Multicultural Dreamer

Edward Rothstein

Why was "Don Quixote" originally written in Arabic? Or rather, why does Cervantes, who wrote the book in Spanish, claim that it was translated from the Arabic?

Much is being said this year about "Don Quixote," in celebration of the 400th anniversary of its publication. And indeed, much has always been said about this extraordinary epic, narrating the misadventures of a half-mad hidalgo who seeks to re-establish the traditions of knight errantry. Faulkner reread it annually; Lionel Trilling said all prose fiction was a variation on its themes.

But aside from its literary achievements, "Don Quixote" sheds oblique light on an era when Spain's Islamic culture forcibly came to an end. Just consider Cervantes's playful account of the book's origins. One day in the Toledo marketplace, he writes, a young boy was trying to sell old notebooks and worn scraps of paper covered with Arabic script. Cervantes recounts how he acquired a book and then looked around for a Moor to translate it. "It was not very difficult" to find such a Moor, he writes. In fact, he says, he could have even found a translator of Hebrew.

The Arabic manuscript, the Moor tells him, is the "History of Don Quixote de la Mancha, written by Cide Hamete Benengeli, an Arab historian." Cervantes brings the Moor to the cloister of a church and commissions a translation.


To read the full text of the article, click here.

Thursday, June 09, 2005

Le Harem et l’occident, de Fatima Mernissi

Il y a quelques semaines, je suis tombé, par hasard, sur l’émission d’Al Jazeera, « Al kitab khayro jaliss » (« le livre est le meilleur compagnon ») de Khaled Alhroub. Il invitait, pour l’occasion, Fatima Mernissi pour parler de son livre « Scheherazade goes west » (la version française est intitulée « le Harem et l’occident »). L’idée principale du livre serait, semble t-il, que l’occident, tout en fantasmant sur le harem de l’orient, s’est tout autant constitué un harem occidental, en emprisonnant la « femme idéale » dans le portrait robot résumé par : «sois belle et tais-toi».

Tout au long de l’émission, Fatima Mernissi donnera des exemples de ce harem à l’occidentale. Ainsi, explique t-elle, pour de nombreux peintres occidentaux, comme Matisse ou Delacroix, la femme, dont ils dressaient le portrait, était soit allongée, soit malade ou nue. Au contraire de la femme orientale « idéale » qui était beaucoup plus active, montait le cheval, etc.. Ceci explique, selon elle, que les occidentaux décrivent Scheherazade comme une femme passive, emprisonnée dans les palais, stupide, uniquement servant le vin, alors qu’en vérité, c’était une femme intelligente, faisait de la poésie,…

Pour des raisons similaires, elle se montre assez critique de l’image de la femme dans le cinéma occidental. Elle fera également part de quelques anecdotes, comme lorsque, arrivant aux états unis pour étudier, une collègue lui suggéreras d’enlever ses boucles d’oreilles, lui expliquant qu’elle ne pouvait être, et intelligente et belle à la fois, et qu’il fallait choisir. Sans la convaincre toutefois ! Fatima évoquera, également, la pression subie par les femmes occidentales pour garder une forme de poupée Barbie. Elle précisera, notamment, que le concept de beauté des femmes chez les Arabes s’adapte avec l’age, au contraire du concept occidental qui est sans pitié. D’autres détails intéressants peuvent être retrouves dans cette transcription (en arabe), publiée sur le site web d’Al Jazeera.

L’émission pourrait laisser l’impression d’un livre apologétique de la femme arabe et incendiaire à l’égard de la femme occidentale. Je ne pense pas que ça soit l’objectif de Fatima Mernissi. Le livre peut être vu, simplement, comme une réponse aux fantasmes de l’occident par rapport au « harem de l’orient », à la « passivité de la femme arabe », etc.